Paul ELUARD

Eugène Grindel dit Paul Eluard.
o 14 décembre 1895, Saint-Denis.
† 18 novembre 1952. Charenton-le-Pont.
Père Lachaise.

Acte de décès

18 novembre 1952 – Charenton

N° 207 Grindel Eugène Emile Paul.
Le dix huit novembre mil neuf cent cinquante deux à huit heures trente est décédé , en son domicile, 52 avenue de Gravelle, Eugène Emile Paul Grindel , homme de lettres, né à Saint-Denis (Seine), le quatorze décembre mil huit cent quatre vingt quinze, fils de Clément Eugène Grindel, décédé et de Jeanne Marie Cousin sa veuve, sans profession, domiciliée, 2 rue Ordener, Paris dix huitième arrondissement, divorcé en premières noces de Hélène Diakonoff, veuf en secondes noces de Marie Benz, époux en troisième noces de Odette Suzanne Lemort. Dressé le dix neuf novembre mil neuf cent cinquante deux, à quatorze heures quinze, sur la déclaration de Arthur Lebailly cinquante huit ans, chef de bureau, 55, rue de Paris à Charenton-le-Pont, qui lecture faite a signé avec Nous, Henri René Guérin, Maire de Charenton-le-Pont, Chevalier de la Légion d’Honneur.

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Sa vie

Il évolua du groupe surréaliste (Capitale de la douleur, 1926) à l’engagement dans la résistance (Poésie et Vérité , 1942) puis au parti communiste, sans jamais abandonner une conception plastique de l’existence (les yeux fertiles, Donner à voir).

Poète français dont les œuvres, qu’elles évoquent l’amour ou la politique, gardèrent une simplicité d’expression qui lui valut d’être, avec Aragon, le plus populaire des poètes surréalistes.

Débuts surréalistes

De son vrai nom Paul Eugène Grindel, Paul Eluard vit le jour le 14 décembre 1895 à Saint-Denis dans la banlieue parisienne. Obligé d’interrompre ses études pour rétablir sa santé gravement menacée par la tuberculose (1912), il fut néanmoins mobilisé en 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale et blessé au cours des combats!; ses premiers poèmes, encore marqués sur le plan esthétique par l’influence de Jules Romains, portent surtout l’empreinte du sentiment d’horreur et de pitié que la guerre lui inspira et de ses idées pacifistes (le Devoir et l’Inquiétude, 1917!; Poèmes pour la paix, 1918).

Remarqué par Jean Paulhan, futur directeur de la NRF, Eluard fut présenté par lui à Benjamin Péret, puis à André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault. Il fit par la suite la connaissance de Tristan Tzara, René Magritte, Man Ray et de Joan Miró. Il participa d’abord au mouvement Dada (les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, 1920!; les Nécessités de la vie et les Conséquences des rêves, 1921), avant d’être admis dans le groupe de la revue Littérature et de s’engager dans l’aventure surréaliste, qui débuta pour lui avec Mourir, de ne pas mourir (1924), un faux adieu à l’activité littéraire, et qui s’acheva en 1938, date de sa rupture avec André Breton.

Eluard s’engagea sans réserve dans les activités du groupe surréaliste, notamment dans la voie de l’expérimentation littéraire. Avec Péret, il composa 152 Proverbes mis au goût du jour (1925), avec René Char et André Breton Ralentir Travaux (1930) et avec Breton seul l’Immaculée Conception (1930).

Comme la plupart des autres écrivains surréalistes, Eluard s’intéressa vivement aux arts plastiques, notamment à la photographie et à la peinture!; ses recueils furent d’ailleurs souvent illustrés par des artistes appartenant à la “!constellation surréaliste!” auxquels, en retour, il consacra des poèmes (A Pablo Picasso, 1944) ou des essais.

Son adhésion au groupe ne l’empêcha cependant jamais d’affirmer son goût et son respect pour la poésie du passé, qui lui inspira plus tard diverses anthologies (Première Anthologie vivante de la poésie du passé, 1951), ni d’affirmer son esthétique propre, marquée notamment par la clarté, la simplicité de l’expression et par le classicisme de la forme.

Le poète de l’amour

Très vite, Eluard s’imposa au sein même du groupe comme le poète de l’amour et de l’intime. Les souffrances éprouvées dans sa relation tourmentée avec Gala, une jeune Russe rencontrée au sanatorium et qu’il épousa en 1917, lui inspirèrent notamment le recueil Capitale de la douleur (1926). Lorsque Gala le quitta pour Salvador Dalí, en 1930, le poète fut effondré. Mais, au cours d’un voyage autour du monde, il fit la rencontre de Maria Benz, dite Nusch, qui devint sa deuxième épouse et sa muse apaisante et qui lui inspira certains de ses plus beaux poèmes d’amour (l’Amour, la poésie, 1929!; la Vie immédiate, 1932). La mort brutale de Nusch, en 1946, le mit de nouveau au désespoir (Le temps déborde, 1947), mais il se remaria en 1951 avec Dominique, saluant cette renaissance dans son recueil le Phénix (1949).

Pour Eluard, le poème d’amour n’est pas un exercice de style ni un simple hommage amoureux ; il est une célébration du rôle de la Femme, qui est l’inspiratrice, c’est-à-dire l’intermédiaire permettant au poète d’accéder au monde.

Le poète engagé

Entré au Parti communiste en 1926, avec la plupart des surréalistes, Paul Eluard en fut exclu en 1933, mais il n’en continua pas moins de militer pour une poésie sociale et accessible à tous (les Yeux fertiles, 1936!; Cours naturel, 1938!; Donner à voir, essai, 1939). Poète résolument engagé, il prit ses distances avec le surréalisme pour revenir définitivement dans les rangs du Parti communiste, en 1942.

Choqué par le massacre de Guernica en 1937, il prit position en faveur de l’Espagne républicaine (“!la Victoire de Guernica!”, Cours naturel, 1938), puis s’engagea dans la Résistance. Membre d’un réseau clandestin, animateur du Comité national des écrivains (CNE), il fit de la poésie même l’instrument d’un combat contre la barbarie en publiant plusieurs ouvrages dans la clandestinité, parmi lesquels Poésie et Vérité (1942), qui comprend le célèbre poème “!Liberté!”, largué par milliers de tracts sur la France occupée par les avions de la RAF, mais aussi les Sept Poèmes d’amour en guerre (1943) et Au rendez-vous allemand (1944). Après la guerre, il persista dans la voie de la poésie politique procommuniste (Poèmes politiques, 1948).

Dans ces écrits où il célèbre le communisme et davantage encore dans les autres recueils poétiques de cette période (Poésie ininterrompue I, 1946; Corps mémorable, 1947; Poésie ininterrompue II, posthume, 1953), il se révéla encore un remarquable créateur d’images (“!La terre est bleue comme une orange!”) et un poète sensible, humaniste, épris de partage et de liberté.

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Commémoration

“ Je suis né pour te nommer Liberté. Ici est mort le poète Paul Eluard 1895-1952.”

Cette plaque commémorative est apposée 52 avenue de Gravelle à Charenton-le-Pont.

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Sépulture au Père Lachaise

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